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Le Pont d'Yeu

Pont d'Yeu

Le Pont d'Yeu : trésor naturel montois

Le Pont d'Yeu est une longue bande de galets, un écueil, qui s'étire à basse mer jusqu'à 2 kilomètres en direction de l'Ile d'Yeu.

Cependant, certains disent 3 kilomètres, d'autres 4 kilomètres et, aussi surprenant que cela puisse paraître, tous ont finalement raison.

En effet, un jour où toutes les conditions sont réunies (grand beau temps, forte marée d'équinoxe et vent de Nord, Nord-Est), on dénombre bien 4 kilomètres du pied de l'escalier jusqu'à l'épave de la Martha.

 

Les origines du Pont d'Yeu

Ses origines ont pu être appréhendées grâce aux fossiles marins que le Pont d'Yeu abrite. On a ainsi réussi à retrouver des fossiles d'oursins, d'huîtres et autres gastéropodes.

En les comparant avec les dépôts fossilifères de la région nantaise et du Bassin parisien, les géologues ont déduit que le Pont d'Yeu existait à l'ère du Lutétien, c'est à dire il y a 45 millions d'années, et était baigné par une mer chaude.

Il est donc probable que le Pont d'Yeu doive sa naissance à la rencontre de deux courants marins antagonistes.

Le Pont d'Yeu doit également son existence à la nature de la roche qui le compose. Il s'agit de calcaire gréseux dont l'une des caractéristiques est sa grande résistance à l'érosion,

 

Le Pont d'Yeu et l'extraction de la pierre

Le Pont d'Yeu fut une véritable carrière de pierres, certains autochtones en ayant fait leur activité principale.

Au début du XXème siècle, les galets pouvaient être ramassés sur le Pont à hauteur d'un kilomètre du rivage.

Le cubage sorti variait de 300 à 400 m3 par an, moyennant une autorisation du Génie maritime qui fixait un quota.

On extrayait deux sortes de pierres selon l'usage auquel on les destinait :

  •   Les pierres plates et assez grosses : elles étaient employées pour la construction des habitations,
  •   Les autres pierres : elles étaient employées pour la construction des routes.

 

Plusieurs familles exploitaient la carrière du Pont d'Yeu (Burgaud, Camus, Milcent...). On remontait la pierre à l'aide de tombereau (charette à grandes roues) puis on l'entreposait derrière les dunes selon les normes de grosseur et la qualité du cassage.

Cette pratique d'extraction de la pierre fut abolie dans les années 1930 pour être remplacée par le tirage du gravier pour la fabrication de parpaings et de béton.

 

En tant que carrière de pierre, le Pont d'Yeu permit à la Commune d'occuper une certaine place dans l'évolution de l'économie du pays.

Si l'on ne dispose pas d'estimations précises sur la population qui vivait de l'activité de la pêche du XIIIème au XIXème siècle, il est admis qu'à partir du moment où l'extraction de pierre pris son essor, la reproduction des coquillages fut mise à mal et le nombre de pêcheurs diminua drastiquement.

 

Le Pont d'Yeu et l'ostréiculture

Après la Première Guerre mondiale, le ralentissement de l'extraction puis sa suppression entraîna un repeuplement du site et une affluence progressive de la population en faveur de la pêche au Pont d'Yeu.

Des essais d'ostréiculture ont même été tentés au milieu des années 1980. Il s'agissait d'élevage en surélevé.

Les résultats, bien que très encourageants, n'ont pas permis une culture sur le long terme, la municipalité craignant le passage de nombeux tracteurs et donc la destruction progressive des accès, l'envasage de la plage et l'impossibilité de pratiquer la pêche à pieds. Tout cela l'amena à ne plus autoriser cette activité.